Partir faire du volontariat

Cela fait maintenant 5 mois que je suis rentrée d’Afrique du Sud où j’étais partie travailler en tant que volontaire dans une école primaire. Je vous avais tout expliqué en détail dans cet article, que ce soit le côté administratif et en quoi consistait mon travail sur place.

Je me suis donc dit qu’il était l’heure de faire un petit bilan sur cette expérience.
Depuis des années je me voyais faire du volontariat, du coup quand l’occasion s’est présentée je n’ai pas hésité longtemps. J’avais profondément envie d’aider des gens qui en avait besoin. C’est la même envie qui m’anime quand je vais donner mon sang, ce n’est pas du tout pour faire bonne figure auprès des autres. C’est juste que ça me fait plaisir de faire plaisir.
En plus de ça, ces 5 semaines en Afrique du Sud sont arrivées à un moment de ma vie où j’étais un peu perdue dans mes choix professionnels. Les derniers mois avant de partir j’avais très envie de me lancer dans l’enseignement. Ça m’est apparu comme ça un jour, et je n’avais pas envie de me tromper en idéalisant ce métier. Mais au fond de moi-même je savais que c’est ce métier qui me conviendrait, comme il a convenu à ma grand-mère et à mon arrière grand-mère.
Bref, quand j’ai postulé pour faire du volontariat, je n’ai pas vraiment pu choisir dans quel projet j’allais être. J’ai eu beaucoup de chances de pouvoir aller travailler dans une école. J’avais besoin de voir si le contact avec les enfants allait être aussi profond que ce à quoi je m’attendais. Et au final, ça a dépassé toutes mes espérances.

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Je crois que ce voyage m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses : notamment de la futilité de nos biens matériels. Quand je vois le dénuement dans lequel vivent ces enfants, on ne peut que se sentir mal à l’aise d’avoir eu la chance de naître en France. Comme je vous l’ai déjà expliqué dans ce précédent article sur le volontariat, je donnais des cours d’arts plastiques en binôme avec une volontaire japonaise. Ça peut sembler ridicule, mais les enfants de l’école où je travaillais n’avais pas du tout de cours d’arts créatifs. Nous en Europe on voit ça comme essentiel pour éveiller les enfants, leur faire faire des travaux manuels, qui sortent de la routine du travail écrit en classe. Avec nous ils avaient un autre moyen d’expression.

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Je repense à Luciano, un des élèves en Grabe 3B, qui était tout le temps en conflit avec la maîtresse, qui le mettait dehors de sa classe, et qui se retrouvait quasi quotidiennement à venir chercher du réconfort auprès de nous. Il n’avait pas plus de 8 ans, vivait dans un coin très pauvre de Cape Town mais savait des choses qui nous ont impressionnées. Et il dessinait tellement bien. Il était timide devant nous mais dur à cuire avec ses copains et en classe. Il était orphelin et vivait dans un foyer je pense, et avec mes yeux d’adultes j’arrivais à voir sa détresse affective… c’est quelque chose qui m’a profondément marqué. Malheureusement je n’ai pas pu lui dire au revoir, lors de mon dernier jour, des gens étaient venus chez lui pour savoir pourquoi il était tout le temps viré de cours. C’est l’un de mes grands regrets, de n’avoir pu lui dire à quel point il était intelligent et qu’il fallait qu’il croit en lui, parce qu’il était capable de faire de grandes choses plus tard.

 

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Je me suis beaucoup attaché à une petite fille également, Jordan. Elle aussi venait fréquemment dans notre salle de classe pour jouer avec les quelques poupées qu’on avait à disposition. A la maison elle travaillait beaucoup et aidait aux tâches ménagères, elle ne pouvait presque jamais jouer. Elle rayonnait de par son sourire et sa gentillesse. Le dernier jour elle m’a vraiment ému en m’offrant son petit cadeau : un pot à crayon fait à base d’une boîte de conserve, recouvert d’un joli papier avec des fleurs roses. Je le garde fièrement chez moi et il me permet de me souvenir de toute cette formidable aventure en Afrique du Sud. Jordan a pris mon adresse, elle m’a dit qu’elle m’écrirait, je l’espère profondément. Mais ce ne sont que des enfants qui vont vite retrouver une routine sans moi, qui oublieront… Mais je ne pourrais pas leur en vouloir.

En fait ce qui m’a le plus bouleversé c’est que de prime abord, ce sont des enfants tout à fait similaire aux enfants européens. On ne pourrait pas croire qu’ils vivent dans des conditions difficiles, que l’eau et l’électricité sont économisées au maximum car c’est hors de prix en Afrique du Sud. Vous n’en verrez pas un seul faire un caprice pour des futilités. Pas un. En revanche, ils sont confrontés à la violence tous les jours, dans les rues il y a les règlements de compte etc… Chez certains enfants ça m’a inquiété, cette réponse par la violence, mais je sais qu’à l’école ils sont entre de bonnes mains et vraiment la directrice fait son maximum pour leur assurer une éducation digne de ce nom, malgré le manque d’argent. L’école était vraiment chouette, très grande, avec un enclos avec 2 lapins, des arbres sur lesquelles grimper etc…

Je me demande ce que deviendront ces enfants plus tard. Les études supérieures en Afrique du Sud sont extrêmement chères, un peu comme aux Etats Unis, sauf que la population est tellement pauvre que c’est très compliqué d’accéder à l’université. J’espère sincèrement que les choses évolueront d’ici 10 ans, que tous ces enfants que j’ai côtoyé pourront prétendre à un avenir meilleur que celui de leurs parents.

Je suis pleine de nostalgie mais en même temps je suis très fière de ce que j’ai pu accomplir là-bas. Je crois leur avoir apporté des sourires, des rires, de la joie quand ces enfants en avaient besoin et puis pour ma part je vois ma vie un peu différemment maintenant. Ne serait-ce qu’en terme d’économie à faire au quotidien. Je suis aussi très fière de simplement les avoir connus. Avoir connu ces petits humains si chaleureux, si innocent, qui donnent foi en l’humanité.

 

It’s not for the money;
It’s not for the fame;
It’s not for any personal gain.

It’s just for love of your fellow man,
It’s just to give a helping hand;

It’s just to give a little of one’s self,
That’s something you can’t buy with wealth;

It’s not for a medal worn with pride,
It’s for that feeling deep inside;

It’s that feeling that you’ve been a part
Of helping people far and near,

That makes you a volunteer!


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Pour le dernier jour j’avais acheté des ballons et des masques pour ceux qui étaient en classe avec nous. Ils ont adorés ! 🙂 C’est aussi le dernier jour que je me suis autorisée à venir avec mon appareil photo, ma pudeur m’en empêchant plus tôt, bien que j’en avais le droit. C’était un vendredi et tous les vendredis, les élèves qui portent habituellement un uniforme, ont le droit de venir habiller normalement. D’où ce mélange entre l’uniforme pour certains et les habits de ville pour les autres ^^
En tout cas, sachez que si vous souhaitez faire du volontariat, vous ne le regretterez pas. Cependant faites attention à être intégré à un véritable projet, que vous soyez utile. Beaucoup de personnes partent faire du volontariat et donne des cours d’anglais pendant 2 semaines à des élèves qui changent ensuite de professeur et c’est clairement pas beaucoup utile. On appelle ça le « volontourisme ». N’hésitez pas à vous renseigner dessus pour éviter de faire les mauvais choix 🙂

 

 

Si vous avez des questions, surtout n’hésitez pas !

En attendant le prochain article, ON SE RETROUVE SUR FACEBOOK OU SUR INSTAGRAM !  ♡

 

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