Courir seule ou accompagnée

Mardi 10 novembre, 10h30, voilà que je m’élance pour un run, seule. C’est quelque chose que je fais très rarement. Je me suis rendue compte en démarrant la course à pied, que lorsque je courrais seule, et bien j’étais nulle de chez nulle alors que lorsque je suis accompagnée, je gère la fougère !
Au tout début lorsque j’étais encore une débutante, je vivais encore chez mon papa, dans un village de 3000 âmes sans zone sportive mis à part la nature, la garrigue de chez nous et d’anciennes carrières où jadis on allait prendre des blocs de pierres. Les chemins par lesquels passaient les charrettes sont restés et c’est facile de se repérer et de se créer un parcours dans cette jolie nature. Mais voilà, je suis une fille et dans ce genre de lieu, quasi impossible d’accès en voiture, mon papa m’a toujours interdit d’y aller seule. Et j’avoue que je n’oserai pas m’y aventuré sans compagnie, les meurtres de joggeuses, il y en a déjà eu… Je suis peut-être parano mais bien obligée d’y penser. Du coup j’ai pris l’habitude de courir accompagnée.
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Après je suis partie vivre aux États-Unis, et là le problème venait plutôt de ma forme : impossible de dépasser les 3km parcourus, je n’en pouvais plus. Question de motivation ? Sûrement.
Voilà qu’un nouveau problème a donc pointé le bout de son nez. Rentrée en France, à chaque tentative de sortie running en solo, en ville cette fois ci, impossible d’avancer. J’ai des points de côté tout du long, je suis essoufflée, je ne me sens pas bien… Alors j’ai trouvé des copines pour aller courir en groupe, pour se motiver à plusieurs, pour ne plus reculer devant l’heure où je dois y aller : avec d’autres personnes en jeu, on ne peut pas abandonner avant même d’y être allée et les planter au rendez-vous. La première course est dure car je n’ai plus trop la forme, mais j’y arrive. Et de jour en jour je me découvre une force que je ne soupçonnais pas. Y a pas à dire, je préfère largement courir accompagnée. C’est motivant, et tous mes petits maux habituels disparaissent. Puis on a envie de prouver aux copines qu’on est aussi bonne qu’elles, meilleure que la fois d’avant et en pleine amélioration.

C’est toujours en étant accompagnée que j’ai battu mes records de distance, de vitesse. Mais malgré ça, malgré ces améliorations, dès que j’avais l’occasion de partir courir seule, mes anciens démons revenaient. En plus de la peur d’être une fille seule courant en ville, je subissais la course et ne prenais aucun plaisir, et physiquement c’était très dur.
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Jusqu’à ce mardi 10 novembre, où j’ai fait mon premier vrai run, une petite course de 5km, seule. Pas de musique avec moi – je n’en ai jamais en étant accompagnée, et j’arrive très bien à avancer alors pourquoi m’encombrer de ça ? Bon, tout n’est pas parfait, j’ai du mal à calmer mes ardeurs et je vois ma montre Garmin m’afficher 10-11km/h, à ce rythme là, je sais que je ne tiendrais pas longtemps. J’ai tendance à trop me focaliser sur mon souffle, puisque je n’entend que ça, et je sais que si je me bloque dessus, les points de côté vont arriver. Il faut essayer de lâcher prise, et de communiquer à son corps de bonnes ondes. Ce jour-là je me suis dit que j’y arriverais tout du long, et j’y suis arrivée. Serait-ce le début d’un changement en moi ? L’avenir nous le dira !

Et vous, préférez-vous courir seul(e) ou accompagné(e) ?

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